ASSE – L’oeil de Denis Balbir : «Aux dirigeants de prendre vraiment leurs responsabilités »

ASSE – L'oeil de Denis Balbir : «Aux dirigeants de prendre vraiment leurs responsabilités »

Chaque lundi, Denis Balbir décrypte l’actualité de la Ligue 1 et des Verts. Notre consultant a voulu se fendre d’un coup de gueule après la nouvelle défaite de l’ASSE à Angers (1-4).

« Même si je vais essayer de rester mesuré par rapport au vocabulaire employé, je pense que c’est catastrophique ce qui se passe à l’AS Saint-Etienne actuellement. A Angers, les Verts ont vécu une humiliation (défaite 4-1). C’est le point d’orgue d’un début de saison très compliqué. Prendre 4-1 à Angers, cela n’aura pas été très grave si l’ASSE avait gagné contre Brest ou Toulouse à domicile et n’avait pas manqué son retour en Europe à la Gantoise. Un accident peut toujours arriver. Mais là, les choses se répètent.

On voit un Khazri qui est un fantôme depuis pas mal de temps, un Boudebouz qui ne répond pas aux attentes, un Loïc Perrin qui se fait prendre plusieurs mètres sur une action à Gand, un Moukoudi qui était certes excellent en Ligue 2 mais qui manque de repères quand le niveau s’élève… Cela pose un tas de questions.

Comme je l’ai déjà souligné, Sainté a réalisé un bon Mercato au niveau des noms mais sur le terrain, cela ne se retranscrit absolument pas. Au contraire. L’ASSE dispose d’un effectif riche quantitativement mais ne parvient pas à jouer sur deux tableaux ni à se faire violence quand il le faut. On ne peut plus se cacher derrière certaines absences défensives (Saliba, G.Silva, etc.) pour expliquer cette passe difficile. Les réactions sporadiques ne suffisent plus. Il y a tout un tas de choses à reprendre collectivement et individuellement.

« Si la faillite de l’entraîneur est réelle, ce n’est pas la seule à mes yeux »

Dimanche après-midi, j’ai vu une équipe stéphanoise perdue tactiquement, qui ne parvient pas à se trouver et qui a complètement explosé au premier grain de sable. Dans toutes les lignes, les joueurs se cherchent. Certains sont en manque de rythme car on ne les a pas aligné quand il le fallait… Et on les sort aujourd’hui pour aligner d’autres joueurs. Sur ce match, j’ai aussi vu des changements inopportuns. Je ne saisis pas toujours la cohérence. L’embellie de Dijon s’est avérée sans lendemain. Aujourd’hui, tous les supporters stéphanois ont la gueule de bois. Pour les dirigeants, c’est aussi un gros casse-tête. A eux de prendre leurs responsabilités.

Est-ce que cette période est la faillite née du choix de nommer Ghislain Printant ? Comme toujours, l’entraîneur est le premier responsable. Peut-être un peu plus dans ce cas car il y avait déjà une certaine méfiance quant à sa capacité de diriger une grande équipe comme Saint-Etienne. Maintenant j’ai trop d’amitié et d’affection pour Ghislain Printant pour ne pas venir le torpiller. D’autres s’en chargent depuis quelques jours et il le sera encore dans les jours qui viennent s’il reste au club. Comme je le répète depuis plusieurs chroniques, je n’ai pas compris certains de ses choix. Notamment ceux visant à laisser Arnaud Nordin et Robert Beric sur le banc à Geoffroy-Guichard et de les aligner à l’extérieur au casse-pipe comme à Angers ou à Marseille.

Mais si la faillite de l’entraîneur est réelle, ce n’est pas la seule à mes yeux.Le mieux se serait encore que les dirigeants se rendent comptent qu’ils sont à la tête d’un grand club et que le club est au dessus de tout. Ce n’est pas aux joueurs de décider du coach à l’intersaison. Dans quel grand club les joueurs font la loi sur le choix de l’entraîneur ? Aujourd’hui, je n’ai pas honte de le dire : le club est mal dirigé. Il y a un manque de fermeté, un manque d’implication dans le futur. On vit sur l’acquis d’une qualification européenne. Tout le monde s’est vu avec les poteaux carrés de 76… A un moment donné, il faut savoir tourner la page, taper du poing sur la table et avoir des dirigeants qui sont à la hauteur et replace les joueurs à leur vrai place.

« Saint-Etienne n’est pas un club qui se bricole, c’est un club où il faut construire »

On ne peut pas passer la main de Jean-Louis Gasset, qui avait fait un excellent travail, de cette façon. Pour moi, ce ne sont pas les capacités de Ghislain Printant qui sont en cause mais la manière de faire qui est à la base de tout. C’est déjà difficile d’être dirigé par deux présidents qui ne s’entendent pas pour ne pas accumuler d’autres erreurs en cédant à la facilité et aux joueurs… Tout le monde le sait : il y a des divergences de vue en continu entre Roland Romeyer et Bernard Caïazzo. Et qu’on ne vienne pas me dire que ce ne sont que des rumeurs ! Comment expliquer que Paquet ou Rocheteau soit parti ? On va me dire que Rocheteau était fatigué et qu’il voulait se remettre au golf ou à la guitare ? A un moment donné, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Et surtout pas les supporters de Saint-Etienne qui se saignent comme nulle part ailleurs pour leur club… Aux dirigeants de prendre vraiment leurs responsabilités.

Un retour de Jean-Louis Gasset peut-il changer la donne ? Mais vous croyez qu’il va faire des miracles ? Peut-être, il l’a déjà fait une fois… Mais à un moment donné, il faut tourner la page, sortir de cette petite famille. Arrêtons de bricoler ! Saint-Etienne n’est pas un club qui se bricole, c’est un club où il faut construire. Une histoire a été construite par des gens comme Robert Herbin ou le président Rocher. On est en train de la galvauder et c’est une honte ! »

Recueilli par Alexandre CORBOZ

ASSE : Romeyer a changé son fusil d’épaule pour Printant

Dans Le Progrès, Roland Romeyer était monté au créneau lundi dernier pour affirmer que le début de saison poussif de l’ASSE ne remettait pas en cause l’avenir de Ghislain Printant sur le banc. Mais c’était avant les défaites à Gand (2-3) et à Angers (1-4)…

Avant le match ASSE-Toulouse (2-2), Roland Romeyer avait rencontré les joueurs stéphanois pour leur rappeler leurs bons devoirs. Et après le match nul concédé face aux Toulousains, le président du Directoire avait accordé un entretien au Progrès pour conforter Ghislain Printant. « Ghislain Printant fragilisé ? Pas du tout, avait-il soutenu. Comme les joueurs, il est frustré par les derniers résultats. Mais j’accorde une grande confiance à Ghislain Printant et son staff ». Si le début de saison des Verts n’est pas à la hauteur des attentes, Romeyer demandait donc du temps, de la patience.

« Je ne suis pas inquiet »

« Il est prématuré de faire un bilan. La saison dernière, à la même époque, on avait seulement un point de plus. Cela ne nous a pas empêchés de finir quatrième avec 66 points. Je ne suis pas inquiet. On va jouer les quatre compétitions à fond. L’ADN du club c’est de pouvoir disputer une coupe d’Europe chaque saison. Il faut tout faire pour y arriver. Mais cette saison, huit ou neuf équipes peuvent jouer le top 5. Paris, Lyon… Monaco va revenir, l’OM sera dans la course. Nice et Rennes se sont bien renforcés. Il va y avoir une grosse concurrence. »

« Le meilleur effectif depuis 2004 »

Selon lui, l’ASSE a bien travaillé cet été, sous la houlette du duo Printant-Wantier. « On a pris des risques. On a mis tout ce que l’on pouvait pour bâtir le groupe le plus compétitif possible. Celui-ci a été profondément renouvelé. Il est important et de qualité. Les postes sont doublés. Il s’agit pour moi du meilleur effectif que l’on ait eu depuis que je suis arrivé en 2004. Il faut maintenant apprendre aux joueurs à travailler ensemble. Mais je suis confiant. J’ai discuté avec les cadres, ils sont tous optimistes. 109 millions d’euros de dépenses, c’est historique. On a élaboré un budget ambitieux. Depuis 2015, il est en augmentation de près de 40 %. La masse salariale, par exemple, a, elle, augmenté de plus de 40 %. On a fait des efforts. Les enjeux sportifs et financiers sont importants. C’est lourd. »

Mais lourds, les revers de la semaine passée l’ont été également, avec l’entrée en lice ratée en Ligue Europa à La Gantoise (2-3) et le lourd revers à Angers (1-4). A tel point que la position de Romeyer sur Printant a changé, L’Equipe révélant que lors d’un entretien ce matin à l’Etrat, le président du Directoire a invité le Montpelliérain à quitter le club. Celui-ci a refusé la demande et il devrait être encore présent sur le banc mercredi contre le FC Metz. Le service communication du club vient en tout cas d’indiquer qu’il assurerait le point-presse d’avant match à L’Etrat, demain.

Laurent HESS

Résultat Ligue 1 : SCO Angers 0-1 ASSE (mi-temps)

ASSE : Saliba et Nordin ont été les porte-bonheur de l'ASSE en 2018-19, la preuve en stats

Grâce à un but d’Arnaud Nordin, les Verts sont devant à la pause face au SCO d’Angers, eux qui n’ont plus gagné depuis six matches.

Cela fait 43 jours que l’AS Saint-Etienne n’a pas gagné un match. C’était le premier de la saison, à Dijon (2-1). Depuis, elle alterne avec une régularité de métronome les nuls à Geoffroy-Guichard (1-1 contre Brest, 2-2 face à Toulouse) et les défaites à l’extérieur (0-3 à Lille, 0-1 à Marseille, 2-3 à La Gantoise).

Il faut enrayer la spirale négative, ne serait-ce que pour ôter un peu de pression des épaules de Ghislain Printant. Et après 45 minutes au stade Raymond-Kopa, c’est ce qu’il se passe. Les Verts ont ouvert le score à la 34e minute grâce à Arnaud Nordin (qui avait déjà marqué à Angers en fin de saison dernière !), de la tête, après un une-deux géant avec Mathieu Debuchy.

L’ASSE a été très peu mise sous pression par une inoffensive équipe angevine. Si la victoire est effectivement au rendez-vous en seconde période, les Stéphanois remonteront à la 14e place.

R.N.

Ligue 1 : SCO Angers – ASSE, les compos (les Verts remanient leur défense)

ASSE (débat) : Ghislain Printant est-il déjà menacé ?

Pour s’éviter un sixième match consécutif sans victoire à Angers, l’entraîneur de l’ASSE, Ghislain Printant, a remanié sa défense.

Les Verts sont dans le dur et ils doivent impérativement réagir. Après les nuls contre Brest (1-1) et Toulouse (2-2), les défaites à Lille (0-3), Marseille (0-1) et La Gantoise (2-3), l’entraîneur de l’ASSE, Ghislain Printant, a décidé de provoquer un électrochoc en remaniant son onze de départ. Loïc Perrin n’est ainsi pas sur le terrain, de même que Wahbi Khazri.

SCO : Butelle – Manceau, Traoré (cap.), Thomas, Aït-Nouri – Santamaria – Thioub, Fulgini, Mangani, Capelle – Alioui.
ASSE : Ruffier – Debuchy, Moukoudi, Kolodziejczak, Trauco – M’Vila, Youssouf – Bouanga, Boudebouz, Nordin – Beric.

R.N.

#Arbitrage : Les Verts parmi les plus impactés par les décisions du VAR

#Arbitrage : Les Verts parmi les plus impactés par les décisions du VAR

Si les Verts cherchaient du réconfort du côté de l’aide vidéo, c’est raté. Dimanche dernier, sans le VAR, l’ASSE l’aurait emporté 4-2. A l’arrivée, St-Etienne a concédé le nul (2-2). Depuis le début de saison, les stéphanois ont subi 3 inversions de décision arbitrale en leur défaveur… Un record… qui ne doit pas occulter notre faiblesse du moment !

Les Verts ne peuvent pas dire qu’ils sont les plus grands bénéficiaires de l’assistance vidéo. A raison, le VAR a analysé deux situations de buts stéphanois annulées par l’arbitre lors de la dernière confrontation face à Toulouse. Cependant, même si ces décisions sont bonnes, les Verts ont toutefois eu à pâtir d’autres choix incompréhensibles depuis le début du championnat. On évoquera ce carton rouge qu’aurait pu recevoir Amavi à Marseille, ce pénalty qu’aurait pu accorder M. Stinat à Cabaye face à Toulouse dimanche dernier ou encore le haut du bras d’Ikoné qui a empêché les Verts d’inscrire un but face à Lille sans qu’aucun pénalty ne soit sifflé après visionnage de la vidéo.

A ce jour, le VAR crée de la frustration et décuple la colère. Le spectateur est en droit d’attendre que la meilleure décision soit prise une fois l’utilisation du VAR décidée. Ce n’est pas le cas. Par ailleurs, l’appel à l’assistance vidéo reste aléatoire… Des rumeurs circulent, dont celle assez surprenante qui explique qu’un arbitre se déjugeant après visionnage du VAR serait moins bien évalué… Le sport ne sort pas grandi de toutes ces erreurs et de toutes ces hésitations… Et si finalement Michel Platini avait bien senti la chose. Et si finalement le supporter ne préférerait-il pas la bonne vieille erreur de l’homme… celle qu’on pardonne ?

Source : L’Equipe

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Ghislain, il faut qu’on parle…

Ghislain, il faut qu’on parle…

A la tête de l’ASSE depuis le départ de Jean-Louis Gasset, Ghislain Printant ne parvient toujours pas à convaincre. Il est désormais temps pour lui de faire preuve de lucidité et d’annoncer sa démission avant qu’il ne soit trop tard afin d’éviter que l’ASSE ne revive une saison qui pourrait être catastrophique.

Un point sur les stats

Le technicien stéphanois, en poste depuis le 6 juin 2019, affiche des statistiques déplorables : 3 victoires en 11 matchs (2-1 contre Andrézieux, 4-2 contre Montpellier et 2-1 contre Dijon), 16 buts pour et 18 buts contre, soit un goal average négatif de 2 buts. Ces statistiques, déjà peu fameuses, sont encore plus inquiétantes en enlevant les matchs amicaux.

En effet, en comptant seulement les matchs officiels, cela fait le taux ahurissant de 16.5% de victoire (1 victoire en 6 matchs), 7 buts marqués (1.16 buts par match) et 11 buts encaissés (1.8 buts par match). En aucun match dirigé par Ghislain Printant les Verts n’ont su garder leur cage inviolée, que ce soit dans les matchs amicaux ou officiels !

Les Expected Goals (abrégés en xG ou xGoals), à savoir le nombre de buts que l’équipe aurait pu marquer ou encaisser, selon la distance, la surface (tête, genou, pied, etc) ou l’angle de tir, confirment la réalité du terrain. A chaque tir est attribué un pourcentage de but calculé sur les milliers de tirs tentés depuis les saisons précédentes. Pour en savoir plus sur les Expected Goals, lire l’article rédigé par Les Cahiers du Foot. Ainsi, cette statistique permet de voir si une équipe est chanceuse ou malchanceuse : par exemple, il est inutile de licencier un coach qui accumule de mauvais résultats si ses Expected Goals sont bons, car cela signifie alors qu’un cycle vertueux devrait s’ouvrir lorsque la chance tournera.

Or, pour l’ASSE, ce n’est pas le cas… Depuis le début de la saison, en Ligue 1, les Stéphanois sont à 5.53 Expected Goals pour et ont inscrit 5 buts, ce qui témoigne d’une légère sous-performance. Pour les Expected Goals contre, soit le nombre de buts que l’équipe aurait dû encaisser, ils sont à 7.23 alors que l’équipe a pris 8 buts en L1, ce qui montre une légère surperformance des adversaires.

Si l’on entre dans le détail, les Expected Goals montrent que les Verts ont réalisé un véritable braquage à Dijon (2.15 xGoals contre, 0.92 xGoals pour : Dijon aurait dû inscrire 2 buts et l’ASSE 1, si l’on simplifie) et contre Toulouse (1.93 xGoals contre, 1.07 xGoals pour : l’ASSE aurait dû s’incliner 2-1, si l’on simplifie). A part contre Brest, où l’ASSE a largement dominé le match en termes d’occasions (2.22 xGoals pour l’ASSE, 0.50 xGoals pour Brest : Saint-Etienne aurait dû largement remporter ce match), les Verts n’ont jamais eu davantage d’occasions de buts que leurs adversaires en Ligue 1 !

Laisser du temps à Printant ?

Le technicien stéphanois ne peut plus se réfugier derrière le temps. En tant qu’adjoint de Gasset, il connait son groupe depuis 1 an et demi. De plus, l’effectif a été constitué assez tôt : hormis Cabaye et Kolo, arrivés lors de la dernière semaine d’aout, les autres recrues ont rejoint le Forez depuis plusieurs semaines (Trauco le 6 aout, Aholou le 1er aout, Boudebouz le 27 juillet, Bouanga le 9 juillet, Youssouf et Palencia le 5 juillet, Moukoudi et Sissoko ont été signés en avril et ont donc rejoints les Verts dès le début de la préparation, tout comme Honorat).

Cabaye, la dernière recrue de l’ASSE, est arrivé il y a quasiment 1 mois.

Cela fait donc depuis 1 mois et demi que Printant dispose quasiment de la totalité de son groupe. Il a aussi bénéficié d’une trêve internationale d’une quinzaine de jours où seuls Robert Beric, Miguel Trauco et quelques jeunes n’étaient pas présents. Par exemple, face à la Gantoise, Printant alignait une équipe qui se connaît normalement assez bien : seuls Moukoudi, Trauco, Cabaye et Youssouf étaient des recrues. Il parait compliqué de parler de manque d’automatisme pour ces joueurs alors que Moukoudi et Youssouf étaient déjà présents lors du premier match amical contre Andrézieux le 9 juillet !

Un jeu qui ne s’améliore toujours pas

De plus, le jugement ne serait pas complet sans parler du jeu de l’ASSE totalement inexistant. Saint-Etienne n’a jamais dominé un match cette saison et a plus d’une fois reculé après avoir marqué un but, abandonnant toutes ambitions, comme contre Dijon. Depuis les matchs amicaux, qui étaient déjà immondes (les Verts totalement baladés contre Middlesbrough, une D2 anglaise, par exemple), rien ne s’améliore. On peut seulement parler d’une bonne entame contre Dijon. Même la fin de match contre La Gantoise n’a pas été très qualitative, les Verts maintenant effectivement une pression accrue sur les buts belges mais se contentant d’un jeu minimaliste, à savoir balancer le maximum de centres dans la surface.

De plus, les mêmes défauts sont présents depuis les matchs de préparation : les ailiers reçoivent un ballon le long de la ligne de touche et se retrouvent face à plusieurs adversaires. Ils doivent alors donner la balle en retrait au latéral, qui la fait passer par M’Vila puis par un central, qui la transmet alors au latéral opposé, qui à son tour la passe à son ailier, placé dans la même position que l’autre, engendrant une passe en retrait et de nouveau des transmissions latérales… Ce schéma de jeu, sans déséquilibre, qui repose sur des exploits individuels des joueurs, est dit en U : les passes des joueurs forment à la longue un U, témoignant de leur incapacité à progresser. L’équipe apparait souvent coupée en deux, complètement désorganisée.

Lors du match contre Boro, l’occupation de l’espace était assez folklorique

Le match contre La Gantoise est assez significatif du plan de jeu de l’AS Saint-Etienne : les deux buts proviennent d’un exploit de Khazri et d’une boulette du gardien. Le Tunisien ne marquera pas chaque week-end des frappes de 20 mètres dans la lucarne. Si le gardien de La Gantoise n’avait pas offert ce cadeau à des Verts inoffensifs, le score se serait surement aggravé vu la dynamique du match. 3-2 parait donc un score plutôt bien payé pour une équipe qui a été la tête sous l’eau pendant 85 minutes. Face à des équipes plus réalistes, le tarif n’est pas le même (3-0 contre Lille). Les Verts ont pour l’instant affrontés Dijon, Toulouse et Brest (le barragiste, le club ayant fini à 4 points du barragiste et un promu) pour en ressortir avec 5 points sur 9 possibles (surtout avec 2 matchs à domicile). Contre des équipes plus fortes ou sensiblement du même niveau, ils n’ont obtenu aucun point (contre Lille et Marseille). Que se passera-t-il lorsqu’ils enchaineront Monaco (2 novembre), Nantes (9 novembre), Montpellier (23 novembre), Rennes (30 novembre), Nice (4 décembre), Reims (7 décembre) Paris (14 décembre) ?

Printant, un ersatz de Gasset

L’axiome selon lequel Printant devait assurer la succession de Gasset est par essence totalement irrationel. Ghislain Printant n’a pas été choisi pour ses qualités mais en espérant qu’il fasse du Jean-Louis Gasset. Comment fonder la légitimité et la crédibilité d’un coach quand son mot d’ordre est de faire ce que faisait son prédécesseur ?

Prendre un coach inexpérimenté n’est pas forcément un problème. Julian Nagelsmann, aujourd’hui à la tête de Leipzig, n’a que 32 ans. Celui-ci a été nommé coach de Hoffenheim à 28 ans après avoir entrainé les U19 de son club. Le technicien allemand a pris les commandes d’un club 17e, avec 7 points de retard sur le premier non-relégable de Bundesliga en février 2016. Dès la saison suivante, ils se qualifiaient pour la première fois de leur histoire pour la Ligue des Champions (4e, à 5 points du 2e), performance améliorée la saison suivante (3e de Bundesliga).

Bastia est le seul club professionnel où Printant a été n°1 avant d’être à l’ASSE.

L’inexpérience au plus haut niveau n’est donc pas forcément un problème en soi. Cela constitue davantage un problème à 58 ans et lorsqu’on est dans le milieu du football français depuis le début des années 90… Depuis le début de sa carrière en 1989, Ghislain Printant n’a été à la tête que de trois clubs : Marjevols (1992-1994), Bastia (2014-2016) et Saint-Etienne. Son palmarès se résume à une Coupe de Lozère et un titre de champion de Promotion d’Honneur A de Languedoc-Roussillon. A Bastia, s’il a sauvé le club lors de la première année, il a été limogé dès l’année suivante et affiche un bilan franchement négatif : 22 victoires, 11 nuls et 24 défaites. Comment confier un club doté d’un budget de quasiment 100 millions d’euros, dont l’objectif est de se pérenniser dans les places européennes de Ligue 1, à un entraineur qui n’a jamais brillé et ne s’est jamais fait connaître pour être un grand tacticien ? Même la dimension de meneur d’homme parait bien faible quand on voit certaines attitudes sur les terrains de la part de cadres. Le risque est grand d’avoir un club où les joueurs prennent le pouvoir et sont dans de l’autogestion.

Enfin, que dire sur le coaching illogique ? Printant a titularisé Beric au Vélodrome dans un match où le Slovène ne serait pas à son avantage. Une semaine après, il ne l’aligne pas à domicile contre Toulouse alors que le Slovène aurait été plus intéressant. Ses changements n’ont que peu d’impact sur les matchs et sont souvent stéréotypés. Le choix de faire de Khazri un titulaire seulement 4 jours après son retour de vacances relève là encore de l’absurdité.

Une démission et on oublie tout

Il semble clair que l’expérience Ghislain Printant est une très mauvaise idée. L’effectif est bon à l’échelle de la Ligue 1 : les postes sont doublés et on voit un mélange entre des cadres et de jeunes prospects doté d’un potentiel intéressant. Printant n’est pas en mesure de sublimer ce groupe.

Afin de ne pas écorner son image auprès des supporters stéphanois, la seule solution serait celle de la lucidité : se rendre compte qu’il n’est pas l’homme de la situation, et donc, en conséquence, donner sa démission. La suite appartient à la direction : après Ghislain Printant, évitons les mauvaises idées qui pourraient s’appeler René Girard, Antoine Kombouaré ou Pascal Dupraz.

Quels changements face à Angers?

Quels changements face à Angers?

Cinq journées de championnat, une d’Europa League et déjà cette impression que Ghislain Printant manque de solutions pour inverser la tendance. Cependant le déplacement à Angers ce Dimanche et la réception de Metz mercredi s’annonce dejà décisif pour l’ASSE. Le derby arrive à grand pas et les fantômes du passé ne sont pas si loin. L’entraineur stéphanois va devoir se casser la tête pour sortir ses hommes de cette spirale négative.

La fin du 5-3-2 et de la frilosité

Mise en place ce jeudi à Gand, contre Toulouse Dimanche et à Marseille avant la trêve , les résultats parlent d’eux même: 0 victoire pour les verts avec ce sytème. Bien que la performance à Marseille était plutôt encourageante, la copie rendue en Europa League ce jeudi est quant à elle bien plus pâle. Trop défensif, peu adapté au profil des joueurs, on ne peut pas dire que le 5-3-2 fasse l’unanimité chez les supporters. Et comment leur donner tort? Des lors que Printant a changé de système pour revenir au score lors des deux derniers match, les verts se sont montrés nettement plus dangereux et équilibrés. Certes, ce système de jeu peut être utile et efficace comme l’année dernière avec Jean Louis Gasset. Mais forcés de constater qu’en ce début de saison, au vu de la dynamique actuelle, le 5-3-2 n’est que très peu efficace.

Lancé Loïs Diony

Sur le départ tout le long du mercato estival, Loïs Diony n’est clairement pas le premier choix en attaque en ce début de saison. Utilisé avec parcimonie l’an passé par Jean Louis Gasset, le natif de Mont de Marsan a pourtant bel et bien une carte à jouer sur le front de l’attaque stéphanoise. En effet, au vu des difficultés de Robert Beric à l’extérieur et de l’état de forme encore à perfectionner de Wahbi Kazri, Diony pourrait apporter de la profondeur et de la mobilité à l’ASSE. En partance, mais pas parti il serait dommage de se priver de ses qualités, même en fin de match.

Wahbi Khazri (enfin) en soutien de l’attaquant?

Qui dit Loïs Diony sur le front de l’attaque, dit peut être Whabi Khazri au poste de meneur de jeu. Peu à l’aise tout seul en raison surement de son état de forme , le capitaine de la sélection tunisienne, peut lui aussi être sujet à quelque critiques. Cependant, il fut l’une des seules satisfaction du match contre La Gantoise ce jeudi. Auteur d’un magnifique but dont il a le secret,  Khazri doit encore faire mieux et élever son niveau de jeu en championnat. Le poste de numéro 10 pourrait l’aider à être plus performant. En effet moins de courses en profondeur, et plus de ballons dans les pieds lui permettraient d’avoir le jeu face à lui et de se montrer donc plus dangereux par le biais de ses frappes ou de ses dribbles. Un meilleur Saint Etienne passera forcement par un meilleur Whabi Khazri.

Faire des choix forts

Les résultas ne sont pas ceux espérés et en six matchs officiels, le statut de numéro un de Ghislain Printant est déjà remis en cause. Les cadres ne rassurent pas et se montrent particulièrement nerveux lorsque le match tourne en leur défaveur. À l’image du capitaine Loïc Perrin, la défense est tangente et encaissent bien trop de but. Le milieu de terrain est lui aussi sujet a de nombreuses critiques et Yann M’Vila cristallisent tous les doutes. Emprunté avec le ballon, peu mobile, l’état de forme et l’implication du métronome stéphanois est discutable. Face à toutes ces interrogations, Ghislain Printant va devoir faire des choix forts et montrer qui est le patron face au SCO. Des choix forts pour le bien de l’équipe afin de relancer une dynamique positive avant le derby.

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ASSE – L’oeil d’Adrien Ponsard : « Le remplaçant de Cabella, ce doit être Khazri »

ASSE – L'oeil d'Adrien Ponsard : « Le remplaçant de Cabella, ce doit être Khazri »

L’ancien attaquant de l’ASSE Adrien Ponsard estime que Ghislain Printant devrait utiliser Wahbi Khazri en n°10. Et que Robert Beric est indispensable.

« J’ai vu le match à la Gantoise. Ça fait peur ! Des potes Magic Fans ont fait le déplacement. Ils se sont tapés 10h de bus à l’aller et 10h au retour pour voir cette purge, ils étaient écoeurés. Les joueurs jouent comme des sénateurs, pour certains. Ils ont voulu que Printant reprenne l’équipe mais franchement, ils lui la font à l’envers ! Les mecs sont tranquilles, ils ont leurs contrats. Mais s’ils ne se bougent pas, Printant va sauter ! On y va tout droit !

« Notre seul vrai 9, c’est Beric »

Après, il y a des choix que j’ai du mal à comprendre. Pourquoi il sort encore Hamouma alors qu’on est menés ? Pourquoi Cabaye a joué plus bas que Youssouf ? Et M’Vila, pourquoi il joue si bas ? Avec l’expérience qu’il a, je ne comprends pas pourquoi il n’a pas mis le ballon en touche quand Kolo était par terre. Ça nous a coûté un but. Moukoudi a du mal, ce n’est pas Saliba. Ruffier reste scotché sur sa ligne sur les trois buts et Perrin… J’étais triste pour lui. J’ai trouvé Khazri au dessus du lot. On n’a pas vu des mecs comme Cabaye et Youssouf, mais lui, il s’est remué. Par contre il faut arrêter de le mettre en pointe. Il est bien meilleur quand il est plus bas. Il apporte plus en n°10. Vu que Boudebouz n’est pas du tout dans le coup, le remplaçant de Cabella, ce doit être lui. Il est bon quand il est en électron libre. Je le verrais bien derrière Hamouma et Beric.

Les deux s’entendent bien, il y a un vrai circuit à exploiter entre eux, surtout que l’on manque de repères. Beric, s’il démarre 30 matches cette saison, ce sera au minimum 15 buts. Il est indispensable. C’est notre seul vrai 9. Quand il est là, il apporte. Sinon on manque trop de présence dans la surface. Quand on me dit qu’il n’est pas bon… C’est un renard, il marque des buts, et c’est quand même ce que l’on demande en premier à un attaquant ! Toutes les équipes ont un 9 : Marseille a Benedetto, Rennes a Niang, Lyon a Dembélé. Il faut jouer avec un vrai avant-centre. 8 joueurs défensifs à la Gantoise, c’était n’importe quoi. On aurait dit qu’on allait jouer contre le Barça ! Printant a vraiment des choix surprenants. Son coaching ne fonctionne pas. Mais si les joueurs ne se bougent pas plus sur le terrain, il va lui être difficile de trouver des solutions. »

Laurent HESS

ASSE : pourquoi le 5-3-2 de Printant n’a pas fonctionné à La Gantoise

ASSE : pourquoi le 5-3-2 de Printant n'a pas fonctionné à La Gantoise

L’ASSE s’est inclinée pour son premier match de Ligue Europa à Gand (2-3), où Ghislain Printant avait opté pour un nouveau dispositif tactique qui n’a pas du tout fonctionné. Analyse de la prestation des Verts, joueur par joueur.

RUFFIER (3)

Le gardien des Verts a été surpris dès la 2e minute par le remuant David. Un but encaissé dans ses six mètres, comme les deux suivants. Une passivité coupable.

MOUKOUDI (3), puis BERIC

Annoncé comme un crack, Moukoudi tarde à justifier les promesses. Le premier but est venu de sa zone et sur le deuxième, il perd son duel avec Depoitre qui lui fait un petit pont d’une talonnade. La gestion des espaces n’est pas là même dans une défense à trois et son manque de repères dans ce dispositif est flagrant. Il avait déjà été en difficulté à Marseille. Remplacé par BERIC, qui a apporté sa présence dans la surface, tirant le bloc vers le haut. Le Slovène a failli égaliser, d’une frappe en pivot sur le poteau (94e).

PERRIN (3)

Sur le premier but, il s’est fait déposer, côté droit. La vitesse de David lui a posé de gros soucis. Un but contre son camp pour conclure une soirée bien difficile. Pourtant, ce dispositif est censé lui faciliter la tâche…

KOLO (3)

Axial gauche, il était dans son meilleur rôle lui aussi. Mais son manque de rythme s’est ressenti. Pourquoi le club ne l’a-t-il pas fait revenir plus tôt ? L’une des nombreuses aberrations de son Mercato

DEBUCHY (3)

Avec ses 34 ans, l’ancien Gunner, lui, n’est pas dans son meilleur rôle en piston droit. Le système l’oblige à multiplier les courses. Un peu trop pour ses vieilles jambes…

M’VILA (3)

Avec lui, l’ASSE a quasiment évolué à quatre défenseurs centraux en Belgique… Son repli défensif a été défaillant sur le deuxième but. Une lenteur de plus en plus problématique. Il n’a pas mis le ballon en touche alors que Kolo était à terre. Et dire qu’il était un maillon fort depuis son arrivée, jusqu’ici…

CABAYE (3), puis BOUANGA

Dans le milieu à trois, Cabaye s’est positionné plus bas que Youssouf, ce qui peut surprendre. On l’a surtout vu se prendre le bec avec le capitaine adverse, mais il n’a été d’aucune influence. Remplacé par BOUANGA, menaçant de la tête (89e). Scotché à la ligne contre Toulouse (2-2) lors du match précédent, l’ancien nimois avait déjà chauffé le banc à Marseille (0-1), lui qui aime dévorer les espaces. Son utilisation interpelle.

TRAUCO (3)

Le Péruvien avait de l’espace sur son côté gauche mais il est resté sur la réserve. Volontaire mais brouillon, il semble tarder à sadapter au football européen. Une déception parmi tant d’autres.

YOUSSOUF (3)

Récompensé de ses bonnes entrées à Marseille et contre Toulouse, l’ancien bordelais a débuté. Mais il a eu beaucoup de mal à se situer. Complètement transparent du début à la fin.

HAMOUMA (5), puis NORDIN

En pointe aux côtés de Khazri, Hamouma n’a pas touché beaucoup de ballons, le bloc jouant très bas. Sur une ouverture de Perrin, il a joliment remisé pour Khazri. Une passe décisive et c’est tout, ses appels étant restés vains. Remplacé par NORDIN, qui n’a pas trouvé le cadre du gauche (88e).

KHAZRI (6)

Le Tunisien a inscrit son premier but dans le heu depuis le mois de janvier en décochant un superbe missile. S’il a joué un peu trop perso sur la fin, il s’est arraché jusqu’au bout. Le meilleur Vert sur le terrain. Il peut s’estimer heureux de ne pas avoir été expulsé pour un geste d’humeur sur un joueur belge (92e). Avec la VAR, c’était le rouge à coup sûr !

Laurent HESS